Les fenêtres tunisiennes

Le monde meurt d’asphyxie dans son égoïsme prudent et vil. Le monde étouffe. Rouvrons les fenêtres. Faisons entrer l’air libre. Respirons le souffle des héros.

                                                                                                          Romain Rolland

Derrière cette moucharabieh la femme peut regarder le spectacle de la rue sans être vue! Mais peut-être n’est-ce qu’une ventilation?

 

Notre imagination peut vagabonder pour dessiner une vie derrière ces fenêtres inaccessibles.

 

 

 

 

 

 

Mais les fenêtres gentilles
Se recouvrent de grilles
Si par malheur on crie
Vive la liberté

Jacques Brel   Les Fenêtres 1963

 

 

 

Arabo-andalouse, à colonnes, à volutes, à croisillons, en fer, en bois, bleues ou blanches…

Elles sont toutes closes, bien fermées, impénétrables.

Mais comme nous disait Baudelaire dans le Spleen de Paris,

Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

Des portraits en Egypte (1)

« S’il n’y a pas d’émotion, s’il n’y a pas un choc, si on ne réagit pas à la sensibilité, on ne doit pas prendre la photo. C’est la photo qui nous prend. »

                                                                                Cartier-Bresson

Pour changer un peu des temples et des pyramides, on pourrait observer les gens, croiser leurs regards, leurs sourires, leur pudeur, leur vie au quotidien.

 

De ce fait j’ai gommé volontairement le trop plein de couleurs pour que ce ne soit pas elles qui dominent.

La rencontre doit être essentielle dans  l’échange du regard, de l’attitude, et non l’impression physique première.

Je me suis donc attachée à l’expression humaine, (sans critères plastiques), qui laissera plus de place à l’imaginaire.

Mais toujours avec respect, plaisir, sensibilité, humilité, amusement, curiosité ou tendresse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui est intéressant avec le numérique, c’est qu’après le cliché, il y a le moment de partage, où la personne peut voir « l’image ». Et en règle générale ça finit en fou-rire, malgré la barrière de la langue.

 

Photographies égyptiennes, Portraits b&w (2)


« Si tu fais des images, ne parle pas, n’écris pas, ne t’analyse pas, ne réponds à aucun questionnaire. Ne piétine pas les jardins secrets. Suggérer c’est créer ; décrire c’est détruire. »

Robert Doisneau

Ma vision de ces moments d’intimité et de confiance, est que les traits de la personne rencontrée doivent ressortir. D’où la nécessite d’un espèce de pacte ou au moins d’accord, de contact, de connivence pour « apprivoiser » la personne et capter un moment d’émotion privilégié.

De ce fait, ici la couleur a complétement disparue.